La brutalité du sexisme au travail, en pleine face

Je suis tombé ce matin sur une série de tweets de Martin R. Schneider, un éditeur dans une revue américaine (Philadelphie). Il se considérait comme plus performant qu’une de ses collègues, sauf qu’un jour il signe par accident un mail avec un prénom féminin. Ouch…

Voici la traduction de l’histoire de Martin (pour les puristes, ça commence ici : https://twitter.com/SchneidRemarks/status/839910253680553988)

Voici une petite histoire pour montrer comme il est impossible pour les femmes au travail d’obtenir le respect qu’elles méritent.

Nicole et moi avons travaillions pour une petite société de recrutement, et notre patron ne cessait de faire une critique à son égard : elle prenait trop de temps avec les clients.

J’étais son superviseur mais je ne considérais pas cela comme un gros problème. Je supposais que la raison pour laquelle j’étais plus rapide, c’était que j’avais plus d’expérience.

Mais j’ai fini par devoir surveiller son temps de travail et la mettre sous pression sur les ordres de mon patron. On détestait ça elle et moi, et elle faisait de son mieux pour accélérer son travail.

Un jour j’envoie un mail à un client à propos de son CV et il était juste INFERNAL. Rude, dédaigneux, ignorant mes questions, m’expliquant que les méthodes n’étaient pas conventionnelles (elles l’étaient) et que je ne comprenais pas les mots qu’il employait (je les comprenais). Bref, ça m’agaçait énormément, mais j’ai remarqué soudainement qu’à cause de notre boîte mail partagée, je signais tous mes mails « Nicole ».

C’était à l’égard de Nicole qu’il était rude, pas à mon égard ! Donc par curiosité je lui réponds « Hey, c’est Martin, je reprends le projet de Nicole ». Et là… AMÉLIORATION IMMÉDIATE. Enthousiaste, répond positivement, me dit que je pose les bonnes questions et il devient un client modèle (mon ton et ma technique n’avaient pas changé, seulement la signature de mes mails).

Donc j’ai demandé à Nicole si ça lui arrivait souvent, elle me répond « pas tout le temps, mais souvent, oui ».

Pendant 15 jours, on a fait une expérience : on a inversé nos noms. Je signais « Nicole » et elle signait « Martin ». Ça a grave chié. C’était infernal. Tout ce que je disais était remis en question, mes clients faciles devenaient condescendants. L’un d’eux m’a même demandé si j’étais célibataire.

Nicole, elle, a eu la semaine la plus productive de sa carrière. J’ai compris que si elle était plus lente, c’était parce qu’elle devait commencer par convaincre les clients de la respecter […]. Je n’étais pas meilleur qu’elle dans ce travail, c’est juste que j’avais un avantage invisible.

Voilà. Le sexisme ordinaire, ça se passe de l’autre côté de l’Atlantique, mais la même chose se produit ici. C’est la raison pour laquelle nous soutenons des mouvements comme #jamaissanselles, c’est la raison pour laquelle, au quotidien, nous pouvons et devons agir pour mettre en valeur les compétences de chacun sans considération pour son sexe, son âge, ses origines, sa couleur de peau ou son handicap (ou le fait qu’il fasse du PHP). C’est l’affaire de chacun.

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